HISTOIRE

Montigny-sur-Loing mentionné dans les textes anciens sous le nom de Montigny-sous-Grez ou parfois Montigny-en-Gâtinais existait à une époque très reculée. Au XIXème siècle, de nombreux vestiges ont été découverts : silex taillés du paléolithique supérieur, pierres polies, ossements et dents de cervidés dans de nombreux sites préhistoriques comme le Croc-Marin, Haut-le-Roc, Mont-Aiveu, Marion des Roches. On trouve plusieurs abris ornés de gravures rupestres ainsi que plusieurs traces d’habitat gallo-romain. Montigny devint terre royale en 1081, puis fut cédée à la famille de Villiers. Elle appartint ensuite à plusieurs familles de « Grands Louvetiers de France » et de Maîtres Forestiers.


Montigny était un village de petits cultivateurs, de vignerons, de pêcheurs, de carriers, de bûcherons et d’artisans. La viticulture y était importante jusqu’à la fin du XIXème siècle où la crise du phylloxera la fit péricliter. Les caves, les vinées, les petits sentiers empruntés par les ânes des vignerons sont les témoignages de cette vie vigneronne d’autrefois.

 

Sous le premier Empire, le héros polonais Thaddeus Kosciuszko (Voir encyclopédie : Wikipedia) qui habitait La Genevraye, sauva la région des pillages des armées russes de Platow. 

Thadeus Kosciuszko, héros national en Pologne, né en Lituanie en 1746, combattant de la Guerre d'Indépendance américaine, il construisit la célèbre fortification de West-Point pour défendre l'Hudson et protéger New York. Il fut l'ami de La Fayette et de George Washington. Au retour de sa campagne américaine, il participa à la guerre d'indépendance de la Pologne en livrant la bataille de Dubienka. Exilé en France, il est nommé "Citoyen d'honneur de la République Française" le 26 août 1792. En 1798, il fut le chef spirituel des légions polonaises qui brillèrent dans les campagnes au Directoire et- au Consulat. Il serait arrivé à Berville commune de La Genevraye en 1799 où il fut accueilli par son ami Pierre Zeltner, ministre de la Suisse en France. Il introduisit dans cette région l'élevage du mouton mérinos, le peuplier de Caroline et y installa des tuileries. Enfin il sauva les villages de cette contrée de la dévastation et des pillages par les armées russes de l'invasion de 1814. Sollicité par le Tsar Alexandre 1er, il quitta la France en 1815.

 

Thaddeus Kosciuszko

 

A la mort de Kosciuszko, de nombreuses commémorations ont lieu dans le monde entier. En France, à l'initiative de Frantz Zeltner, les habitants décidèrent de lui édifier comme à Cracovie, un tertre : La Montagne de Kosciuszko. Elle fut construite en 1834-1835 à Sorques sur un terrain appartenant à Frantz Zeltner. A la fin du XIXème siècle ce qui restait de ce monument dut être rasé pour cause de vétusté. En 1924, grâce à l'appui de Comité France Pologne, de la municipalité de Montigny et des Amis de la Forêt, le monument actuel, conçu par l'architecte Lucas de Fontainebleau, a été édifié. Les Polonais de France et les habitants de nos villages sont toujours attachés à ce monument qui est le seul témoignage dans notre pays du souvenir de ce héros et de l'amitié franco-polonaise qui se maintient en ces lieux depuis près de deux siècles.

Monument Kosciuszko

La Montagne de Kosciuszko

 

En forêt, non loin de ce monument on peut voir les anciennes carrières dites du Long-Rocher créées en 1824, ainsi que le trajet du petit train qui descendait les pavés afin qu’ils soient acheminés vers Paris par le canal. En 1837 fut construit " Le chemin de fer du Long Rocher". Pour faciliter le transport des pavés, de l'exploitation de sable et de grés ouverte en 1830, Zeltner fit établir un petit chemin de fer à ficelle sur la pente du Long Rocher et à travers la plaine de Sorques, afin de conduire les pavés jusqu'au Loing où ils devaient être embarqués. La " route des carrières " et le petit pont de la " cavalière " sont des témoignages du passage de ce petit train qui cessa de fonctionner en 1850, après la faillite de la société dite du " Long Rocher ", fondée par Zeltner. Celui-ci est aussi à l'origine du Pont de la Gravine qui permettait le passage du train jusqu'à l'écluse d'Episy.

Chemin de fer à ficelle

 


 

Martyrs de la Résistance

A Montigny-sur Loing le groupe V.P.O. (Mouvement de Résistance Volontaire Paysans et Ouvriers ) était formé de dix-sept personnes dirigées par Georges Saint-André. Le 7 octobre 1946, le Conseil municipal de Montigny-sur-Loing décide de rendre un hommage public aux martyrs de la Résistance de la commune par l'apposition de plaques de rues rappelant le nom de ces victimes : - Renée Montgermont arrêtée le16 septembre 1943, a été trouvée pendue dans sa cellule par les lacets de son corset le 2 octobre 1943. Le haut de l'ancienne rue Grande porte son nom. - Raymond Frot arrêté le 16 avril 1943 est décédé à Mauthausen (Autriche) le 19 octobre 1943. La rue du Talus lui a été dédiée. - Raoul Jacobé arrêté le 16 septembre 1943 a été déporté à Neuengamme (Allemagne) où il est décédé le 12 décembre 1944. Son nom a été donné à la rue longeant le chemin de fer. - Roger Genty arrêté le 2 août 1944 a été fusillé le 17 août 1944 dans la Forêt d'Arbonne (Plaine de Chanfroy). A Sorques son nom a été donné à une partie de la route de Moret. L'inauguration de ces " nouvelles rues " a eu lieu le 11 novembre 1944.

 

La Libération à Montigny-sur-Loing :

Le 23 août 1944, un détachement de la 5ème Division d'Infanterie de la IIIème Armée américaine de A.PATTON , a libéré le village. Les G.I. et leurs jeeps traversèrent le Loing au Gué dans une atmosphère de délire avec l'aide de la population en liesse pour atteindre La Genevraye. En souvenir de ces journées et du lieu de passage de la rivière, le bas de la rue du Loing s'appelle la " rue de la Libération " et le passage du gué : le " Gué de la Libération ". Une plaque est apposée sur un mur de l'ancien Hôtel du Vieux Moulin.

 

Aimé Lepercq :

Autre figure de la résistance ; la rue partant du pont allant vers Sorques porte son nom. Il possédait dans cette rue, au bord du Loing, la propriété " L'Ile Noblet ". Valeureux combattant de la Première Guerre Mondiale, membre de l'O.C.H. (l'Organisation Civile et Militaire) dès 1942, ce grand Résistant a été l'un des responsables militaires en 1943, pour Paris et la région parisienne. Arrêté en 1944, puis libéré lors de la débâcle allemande, il a été nommé par le Général De Gaulle le 4 septembre 1944, Ministre des Finances dans le premier gouvernement après la libération. Il a été à l'origine de l'Emprunt de la libération. Il décéda le 9 novembre 1944 dans un accident de voiture.

De Gaulle le 4 septembre 1944, Ministre des Finances dans le premier gouvernement après la libération. Il a été à l'origine de l'Emprunt de la libération. Il décéda le 9 novembre 1944 dans un accident de voiture.